(Puces Typo) Interview Lek

Lek, un rapport intime à la lettre

Le Campus Fonderie de l’Image a l’honneur de donner une carte blanche au duo d’artistes urbains Lek et Sowat à l’occasion des Puces Typo #12 qui se dérouleront à Bagnolet le samedi 12 mai de 10h à 19h.

Avant la réalisation de leur performance sur la devanture du Campus, nous avons rencontré Lek et l’artiste nous a livré son rapport intime à la lettre et à l’écriture en général.

Peux-tu nous dire quel est ton lien à la lettre ?

La lettre est liée au graffiti. Beaucoup voient le graffiti comme une pratique sauvage, mais à la base, il s’agit de construire des lettres et de créer une signature. En explorant les lettres et leur structure, je recherche toujours le côté « décalé », notamment grâce aux empattements et c’est tout un univers que l’on peut sans cesse redéfinir.

« Chaque nouvel artiste peut réinterpréter la typo, la création est infinie et c’est l’un des côtés remarquables des Puces Typo du Campus Fonderie de l’Image. »

Qu’est-ce qu’un bonne typo pour toi ?

Une bonne typo doit être dynamique, avec parfois peu de couleurs, mais un fort impact visuel. Quand j’essaye d’en faire, il faut que ma lettre puisse se démarquer des autres. Cela permet à chaque artiste de se distinguer. Le plus important est d’exister par l’originalité. 

À quel moment la typographie devient de l’art ?

Pour la petite anecdote, plus jeune, je faisais des batailles de « carnets » avec Stéphane Elbaz, en confrontant nos typographies. Derrière ça, il y avait réellement l’amour de la lettre.

Je pense donc qu’à partir du moment où quelqu’un arrive à approfondir sa pratique en cherchant l’originalité, créer une typographie décalée, impactante, graphique et dynamique, c’est de l’art.

Nous retrouvons la typographie dans ton livre Nothing but letters, peux-tu nous en dire plus ?

Dans mon livre, écrit avec Lotfi « yko » Hammadi, l’objectif était de réunir des artistes qui travaillent la lettre et qui ont un impact et de l’authenticité dans leurs productions. Nous avons pu montrer qu’un caractère typographique peut mener très loin, aussi bien par un travail de lettre sur Illustrator, que faite à la main. C’est véritablement inspirant de mixer productions numériques et manuscrites. 

Votre typographie, qui sera vendue à partir du 21 mai en NFTs lors des Puces Typo #12 est restée 2 ans sur les balustrades du Centre Pompidou, qu’est-ce que cela fait de grapher pour une telle institution ?

L’enjeu derrière était de montrer notre interprétation de la typographie et comment nous nous différentions dans l’art contemporain. C’est donc la lettre et notre typo qui nous ont permis d’avoir notre vocabulaire et de nous distinguer. Même si notre art peut encore rester incompris, l’essentiel est d’inspirer, de s’exprimer et de faire de l’art impactant.

Le message et la typographie ?

En tant que grapheurs, la typographie est au cœur de nos créations et le message passe par la répétition de l’écriture de nos noms. Le message est souvent simple, il s’agit de marquer un espace, un territoire en signalant notre existence.

Qu’est-ce qui t’as encouragé à participer aux Puces Typo du Campus Fonderie de l’Image ?

J’ai particulièrement été séduit par le lieu et son histoire. Le Campus Fonderie de l’Image est construit sur un ancien squat artistique dans lequel je suis intervenu au début des années 2000. De plus, le travail de la lettre est au cœur de ma pratique, il me semblait important d’être associé à un événement d’une telle envergure. J’ai donc décidé de réaliser avec Sowat une performance sur leur devanture et de présenter aussi notre police de caractères en proposant chaque lettre en NFTs.

Edition d’art Lek & Sowat 
« L’art aura toujours du caractère »

Format : 30x40cm

50 exemplaires signés et numérotés par les artistes

Prix 60,00 euros

Une partie des bénéfices permet de financer l’organisation des Puces Typo.