Kahina Ikhlef est référente pédagogique du Bachelor Community manager à la Fonderie de l’image. Forte de son expérience terrain, elle accompagne chaque année de futurs professionnels de la communication digitale vers le marché du travail. Dans cet entretien, elle revient sur les compétences clés du métier, la place de l’analyse dans une stratégie social media efficace, et la philosophie d’une formation pensée pour répondre aux exigences réelles des entreprises.
Comment définiriez-vous le rôle d’un community manager aujourd’hui ?
Le rôle du community manager a beaucoup évolué. Il ne s’agit plus simplement de publier du contenu sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le community manager est un véritable lien entre la marque et sa communauté.
Il doit savoir créer du contenu, animer des échanges, comprendre les attentes des audiences, identifier les tendances, mais aussi gérer l’image de la marque et parfois les situations sensibles. C’est un métier qui demande à la fois de la créativité, de la réactivité et une bonne compréhension des usages digitaux.
Un bon community manager doit aussi savoir prendre du recul. Il ne publie pas simplement pour alimenter un fil d’actualité : il doit comprendre pourquoi il communique, à qui il s’adresse, avec quel message et avec quel objectif.
Quelle importance accordez-vous à l’analyse des statistiques et des performances social media ?
J’accorde une place très importante à l’analyse des statistiques, parce qu’elle permet de sortir du ressenti. On peut avoir l’impression qu’un contenu fonctionne, mais ce sont les données qui permettent de le vérifier réellement.
J’insiste beaucoup auprès des étudiants sur le fait qu’il ne faut pas se limiter aux likes ou au nombre d’abonnés. Ces indicateurs sont visibles, mais ils ne suffisent pas à mesurer l’efficacité d’une stratégie social media. Il faut aussi regarder le taux d’engagement, la portée, les clics, les partages, les conversions, la rétention ou encore l’évolution de la communauté.
L’analyse permet surtout d’améliorer les actions. Elle aide à comprendre ce qui fonctionne, ce qui doit être ajusté et comment transformer les résultats en décisions concrètes.
En quoi la polyvalence développée pendant le bachelor est-elle un avantage sur le marché du travail ?
Les étudiants apprennent à gérer un projet de communication progressivement, à travers des cas concrets et des mises en situation inspirées de la réalité professionnelle.
Ils partent d’un brief, puis ils analysent la marque, sa cible, son marché, ses concurrents et ses objectifs. Ensuite, ils construisent une recommandation stratégique, qu’ils déclinent en plan d’action : choix des canaux, ligne éditoriale, calendrier de publication, idées de contenus, budget, indicateurs de performance et bilan.
Ce qui est important, c’est qu’ils comprennent toute la logique d’un projet. Une bonne idée ne suffit pas. Il faut savoir l’organiser, la justifier, la présenter et la mettre en œuvre avec méthode.
Comment les étudiants apprennent-ils à gérer un projet de communication de A à Z ?
La polyvalence est un vrai avantage, surtout dans les métiers du digital où les missions évoluent très vite. Les entreprises recherchent des profils capables de comprendre une stratégie, mais aussi de passer à l’action.
Pendant le bachelor, les étudiants apprennent à rédiger, créer du contenu, gérer des réseaux sociaux, analyser des performances, utiliser des outils, travailler en équipe et présenter leurs idées. Cette diversité de compétences les rend plus autonomes, plus agiles et plus rapidement opérationnels.
À La Fonderie de l’Image, nous les accompagnons aussi dans le développement de leurs soft skills, notamment à travers des projets transversaux dès la première année. En travaillant en mode agence, avec des créatifs et des développeurs, ils apprennent à collaborer, à s’organiser, à communiquer avec différents profils et à gérer un projet digital dans son intégralité.
Pour un profil junior, c’est essentiel. Cela lui permet d’arriver en entreprise avec une vision globale, une meilleure posture professionnelle et une capacité à contribuer à différents types de missions.
Si vous deviez résumer cette formation en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?
Je choisirais : créativité, méthode et professionnalisation.
Créativité, parce que les étudiants apprennent à imaginer des contenus, des concepts et des dispositifs qui attirent l’attention et qui répondent aux usages actuels.
Méthode, parce qu’une bonne communication ne repose pas uniquement sur l’inspiration. Elle demande de l’analyse, une stratégie claire, une organisation et des objectifs précis.
Professionnalisation, parce que l’objectif est vraiment de préparer les étudiants aux réalités du terrain, aux attentes des entreprises et aux métiers de la communication digitale.
Quel conseil donneriez-vous à un futur candidat pour réussir dans ce domaine ?
Je lui conseillerais d’abord d’être curieux. C’est indispensable dans ce domaine. Il faut observer ce que font les marques, suivre les tendances, tester les outils, comprendre les usages et ne pas attendre que les choses viennent uniquement des cours.
Je lui dirais aussi de pratiquer le plus possible : créer du contenu, analyser des comptes, essayer de comprendre pourquoi une campagne fonctionne ou non, tester différents formats. C’est en faisant que l’on progresse vraiment.
Et surtout, je lui conseillerais de rester des apprenants permanents, parce que le digital évolue sans cesse. Les outils changent, les usages se transforment, les plateformes se renouvellent : il faut donc garder cette curiosité et cette envie d’apprendre tout au long de son parcours professionnel.
